CfP: „Résistances au féminin. Écriture de l’engagement aux XIXe et XXe siècles“, Paris (15.09.2017)

Call for Papers für die Tagung „Résistances au féminin. Écriture de l’engagement aux XIXe et XXe siècles“ | Université Paris 13

Deadline Abstract: 15. September 2017 | Datum der Veranstaltung: Mai 2018

Coordination scientifique : Sylvie Camet (Université de Lorraine) et Isabelle Mons (Paris 13)

Résister, c’est contourner l’ennemi pour mieux en affronter les aspérités. C’est aussi « se tenir debout » comme le signifie le terme allemand “Widerstand”. Si résister relève de la critique d’un pouvoir, cela induit-il le soulèvement contre l’oppression que celui-ci exerce ? La résistance épouse-t-elle obligatoirement la collectivité ? S’affirme-t-elle uniquement dans le temps des grandes conflagrations ?

Le terme de Résistance a acquis, dans le contexte européen, une signification particulière, que le déplacement au Panthéon de la dépouille de Germaine Tillion, celle de Geneviève de Gaulle, n’a fait qu’accentuer. Simone Veil a développé en politique sa force de résister à l’innommable en déportation. Certes, le rôle des femmes, dans cet épisode particulier qu’est celui de la Seconde Guerre mondiale, est à mettre en exergue, mais sans oblitérer pour autant celui qu’elles ont su et savent jouer dans d’autres circonstances historiques et politiques.

L’obéissance, ou du moins la conformité au regard social, est bien pour les femmes un enjeu à dépasser si elles choisissent de se soulever contre le carcan dans lequel elles sont enfermées. Si résistance et obéissance vont de pair, nous souhaitons nous interroger sur les modes opératoires, spontanés ou non, individuellement prémédités ou collectivement organisés, que les femmes ont mis en œuvre pour s’autoriser enfin le droit à l’action, pour légitimer leur parole, pour réhabiliter leur place. Il conviendrait de faire se rencontrer des épisodes de lutte âpre et longue, qui valent isolément sans aucun doute, mais prennent un retentissement autre dès lors qu’on les met en regard. Où que l’on se tourne, nombreuses sont les figures de femmes allant à l’encontre de ce qu’états, gouvernements, groupuscules préconisent, alors que ne sont pas nombreux les lieux de consignation de leurs actes.Depuis les suffragettes jusqu’aux résistantes européennes durant la Seconde Guerre mondiale, les femmes engagent la lutte au nom d’une cause universelle, celle d’un peuple, d’une culture, participant en même temps à leur affranchissement : d’Emeline Pankhurst à Bertha von Suttner, d’Edith Thomas, Charlotte Delbo, Sibilla Aleramo, Maria Zambrano, à Sophie Scholl ou Margarete Buber-Neumann, l’on connaît plus ou moins ces figures ayant engagé le combat contre l’oppresseur. Mais en souhaitant sortir des limites de l’Europe, on rencontre d’autres noms, d’autres personnalités qui luttent pour refuser l’insupportable, pour ne pas céder devant les (en)jeux de pouvoirs où elles pensent être perdantes. Elles parlent au nom d’une communauté opprimée comme Bìawacheeitchish, guerrière amérindienne, ou Mayawati Kumari, première femme intouchable cheffe d’un État en Inde, elles se révoltent contre les effets d’un pouvoir dictatorial, telles les Mères de la place de Mai en Argentine. Elles résistent parfois seules, comme Rosa Parks aux USA, pour être suivies ensuite par des milliers de voix, elles paient de leur intégrité leur force subjective, ainsi Malala Yousafzai, Pakistanaise Prix Nobel de la Paix à dix-sept ans… L’énumération pourrait se poursuivre, tant de femmes refusant de s’accommoder d’un état de servitude, lui opposant un courage qui « transforme les forces en puissance créatrice », comme l’écrit M.-C. Caloz-Tschopp, dans Résister en politique, résister en philosophie : ce qui importe, c’est de bâtir une œuvre qui bouleverse les codes sociétaux et culturels, ce qui nous importe, c’est de faire que de telles œuvres soient commentées, que soient alors entendues ces voix de femmes.

Le colloque se propose donc de rechercher ces modes d’inscription de la résistance au féminin contre l’adversité ; cette inscription se vérifie le plus souvent à travers les textes personnels (autobiographies, journaux, mémoires, correspondances), mais aussi à travers les textes journalistiques et politiques qu’elles consacrent à leur engagement. Les héroïnes célèbres ou anonymes témoignent de leur résistance à toute forme d’oppression, politique, sociale, culturelle, sexuelle, et il est particulièrement intéressant d’examiner quelles modalités elles empruntent pour ce faire. Les communications auront pour intention aussi bien de rendre sensible à des exemples méconnus, qu’à décomposer les techniques narratives et ce qu’elles sous-entendent.

Notre ambition est d’organiser une seconde journée d’étude autour de la résistance au féminin dans la littérature et les arts : la création des écrivaines, peintres ou sculptrices, pourra faire l’objet d’un nouvel appel.

L’enjeu comparatiste de ce colloque sera privilégié, qu’il soit culturel ou générique, la diversité des champs disciplinaires sera encouragée.

Ainsi, les propositions de communications, d’une dizaine de lignes, et accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à transmettre à Sylvie Camet (sylvie.camet@univ-lorraine.fr et Isabelle Mons (isabelle.mons@univ-paris13.fr) jusqu’au 15 septembre 2017.

Le colloque sera organisé en mai 2018 à l’université Paris 13, et il devrait faire l’objet d’une publication.

via romanistik.de

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