CfP: „Ruines et Vestiges“, Mulhouse (25.02.2017)

Call for Papers für das Kolloquium „Ruines et Vestiges“  | Université de Haute-Alsace (Mulhouse)

Deadline Abstract: 25. Februar 2017 | Datum der Veranstaltung: 11.-13. Mai 2017

Ruines et Vestiges

Si la ruine est sémantiquement définie comme « destruction, altération, dégradation » conformément à son étymologie – ruina -, le ou les vestige(s) sont « trace, reste, souvenir » venus de vestigium : « l’empreinte d’un pied sur le sol ». Ces deux apparents synonymes peuvent donc révéler que des traces matérielles et concrètes du passé sont différemment saisies et valorisées, selon les périodes. De fait, Paul Ricœur a rappelé le caractère illusoire de toute « objectivation du passé » (Ricœur, 2000, p. 111) et le travail des historiens montre que le passé est reconstruit, réélaboré et repensé par une fabrique de l’histoire, dépendante des circonstances et des moments historiques ou des « régimes d’historicité » (Hartog, 2003).

Alors que le passé antique a pu être construit – en particulier à la Renaissance – comme une origine primitive, archaïque et quasi statique, pourvoyeuse de l’historia magistra vitae, le passé est tout autrement perçu dans l’époque romantique. Un mode mélancolique semble alors attaché à la vogue des « ruines », qui devient le marqueur d’une dissociation entre passé et présent, l’indice d’un rapport d’altérité radicale avec ce qui a précédé. A partir de 1830, pourtant, des procédures de conservation des traces du passé se développent dans les institutions françaises sur le mode de ces « institutions de mémoire » (Thies, 1986, p. 569) voulues, en particulier par Guizot : le passé diffère du présent mais devient alors « objet de savoir plutôt que schème d’action ou exemple de conduite » (Hamel, 2006, p. 33).

Il s’agira donc d’étudier quelles sont les perceptions, les présentations et les représentations de traces du passé dans la littérature, les arts et les institutions, selon les périodes  ainsi que les enjeux et les modalités de leur actuelle patrimonialisation, dans le cadre de l’émergence de nouvelles identités : régionales, nationales ou européennes en ce début de siècle.

COMITE SCIENTIFIQUE :

– Régine BATTISTON (Université de Haute-Alsace) – Pierre FLUCK (Institut Universitaire de France – Université de Haute-Alsace) Jean-François HAMEL (UQAM – Montréal) – Daryl LEE (Provo University – Utah – USA) – Dominique MASSONNAUD (Université de Haute-Alsace) – Daniel SANGSUE (Université de Neuchâtel – Suisse) – Nicolas SURLAPIERRE (Conservateur Musées de Besançon) – Olivier THEVENIN (Université – Paris Sorbonne nouvelle) – Pascal VACHER (Université de Bourgogne).

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE :

– BURKE Edmund, A philosophical enquiry into the origin of our ideas of the sublime and beautiful [1757], Oxford/New York, Oxford University Press, 2015.
– DEMANZE, Laurent. « Vestiges du temps et restes de l’Histoire selon Jean-Yves Jouannais », Le Roman français contemporain face à l’Histoire: Thèmes et Formes. Gianfranco Rubino et Dominique Viart (éd.), Quodlibet, 2014, p.105-118.
– DIDEROT Denis, « Ruines et paysages », Salon de 1767, Paris, Hermann, 1995.
– DIDI-HUBERMAN Georges, La Ressemblance par contact : archéologie, anachronisme et modernité de l’empreinte, Paris, éd. de Minuit, 2008.
– Forero-Mendoza, Sabine, Le Temps des ruines. Le goût des ruines et les formes de la conscience historique à la Renaissance, Seyssel, Champ Vallon, 2002.
– FOUCAULT, Michel, « Il faut défendre la société ». Cours au collège de France, 1976, Hautes études, Paris, Éditions Gallimard/Éditions du Seuil, 1997.
– HAMEL, Jean-François, Revenances de l’Histoire, Répétition, Narrativité, Modernité, Paris, Minuit, « Paradoxe », 2006.
– HARTOG, François, Régimes d’historicité, présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 2003.
– KOSELLECK, Rheinhart, Vergangene Zukunft. Zur Semantik geschichtlicher Zeiten, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1979, traduction française Le Futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 1990.
– LACROIX, Sophie, Ce que nous disent les ruines…, La fonction critique des ruines, Paris, L’Harmattan, 2007.
– LACROIX, Sophie, Ruine, Paris, Éditions de la Villette, 2008.
– LEE  Daryl, « Baudelaire’s ‚Paysage‘ and the Commune Ruins Picturesque », Romance Notes , n°45 -1, 2006, p. 107-115.
– LEE  Daryl, « Braquehais: photographie, ruines, Paris »,  Introduction au Catalogue de l’Exposition Bruno Braquehais, un photographe de la Commune, (9 Mars-19 Juin 2000), Saint-Denis, Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis.
– LENCLUD, Gérard, « Qu’est-ce que la tradition ? », Transcrire les mythes, Marcel Détienne (dir.), Paris, Albin Michel, « Idées », 1994, p. 25‑44.
– LEPETIT,  Bernard « Le présent de l’histoire », Les Formes de l’expérience, Bernard Lepetit (dir.), Paris, Éditions Albin Michel, 1995, p. 273‑298.
– MORTIER, Roland, La Poétique des ruines en France : ses origines, ses variations de la Renaissance à Victor Hugo, Droz, 1974.
– ORLANDO Francesco, Les Objets désuets dans l’imagination littéraire : ruines, reliques, raretés, rebuts, lieux inhabités et trésors cachés, Paris, Classiques Garnier, 2013.
– RICŒUR, Paul, La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, Paris, Éditions du Seuil, 2000.
– RIEGL Aloïs, Le Culte moderne des monuments [1903], Paris, Hermann, 2005.
– RIOT-SARCEY, Michèle, « Temps et histoire en débat.“Tout s’oublie” et “rien ne passe” », Revue d’histoire du XIXe siècle, n°25, 2002, p. 7-13.
– ROBIN, Régine, La Mémoire saturée, Paris, Stock, « Un ordre d’idées », 2003.
– SANGSUE, Daniel, Fantômes, esprits et autres morts-vivants, José Corti, 2011.
– THIES, Laurent,  « Guizot et les institutions de mémoire », Les Lieux de mémoire, Pierre Nora [dir.], tome 2, La Nation, Paris,  Gallimard, 1986, p. 569‑592.
– La Mémoire en ruines, le modèle archéologique dans l’imaginaire moderne et contemporain, Pascal Vacher, Valérie Deshoulières(dir.), Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, CRLMC, 2000.
La Métamorphose des ruines. L’influence des découvertes archéologiques sur les arts et les lettres (1870-1914), Sophie Basch (dir.), École française d’Athènes, « Champs helléniques modernes et contemporains», n° 4, 2004.
La Plume et la pierre, L’écrivain et le modèle archéologique au XIXe siècle, Martine Lavaud (dir.) [actes du colloque de de Montpellier III, 3-4-5 juillet 2006], Nîmes, Lucie – Champ social éditions, 2007.
– Esthétique des ruines, Poétique de la destruction,  Schefer Olivier, Egana Miguel (dir.), [actes du colloque de l’Université Paris I – du 14 mai 2014 au 15 mai 2014], Rennes, Presses Universitaires Rennes, 2015.
La Ruine et le geste architectural, textes préfacés par P. Hyppolite, Nanterre, Presses Universitaires de Paris – Ouest, « RITM », 2015.
– Que faire avec les ruines ? : Liaroutzos Chantal (dir.), [Actes du Colloque, Paris, 6-8 décembre 2012], Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015.

MODALITÉS DE PROPOSITION :

Le projet souhaite susciter des analyses liées à des périodes variées de l’histoire ainsi que des réflexions soucieuses du contemporain, dans une perspective pluridisciplinaire. Les propositions d’intervention comporteront le titre de la communication, une présentation d’environ 300 mots ainsi qu’une courte notice bio-bibliographique.

Elles doivent être envoyées avant le 25 février 2017 à l’adresse suivante : dominique.massonnaud@uha.fr.

Sous réserve d’acceptation des articles par le comité scientifique, le colloque fera l’objet d’une publication.

via fabula.org
Weitere Informationen finden Sie auf der Hompage der Université de Haute-Alsace.

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